Vivant en colocation avec cinq chats, j’appliquais jusqu’il y a peu d’années les pipettes anti-puce vendues chez le vétérinaire ou les sites pour animaux.
Et un jour, j’ai lu la notice du Frontline Combo spot-on… Effarée par les ingrédients et les risques pour mes chats et les humains – mes enfants notamment – qui les caressent et câlinent, j’ai cherché des alternatives naturelles (voir mon article sur l’huile de neem et la terre de Diatomée).

L’anti-puce chimique

Le Fipronil, vous connaissez ? On a eu en 2017 le scandale des oeufs contaminés au Fipronil.
Le FRONTLINE COMBO Spot-On Chat, un best-seller, contient par pipette : « Fipronil 50 mg. (S)-méthoprène 60.0 mg ».

A quels niveaux le Fipronil est toxique ?

Aucune indication pour les animaux domestiques puisqu’il est autorisé pour cet usage.
En revanche, en fouillant, j’ai trouvé qu’il était considéré comme toxique pour l’homme, d’où d’ailleurs son interdiction dans les élevages de poules.
L’EFSA a identifié 2 seuils toxicologiques pour l’humain :

  • ADI (acceptable daily intake ou dose journalière acceptable) : dose acceptable pouvant être consommée tous les jours sans risque appréciable pour la santé.
    • Taux = 0,0002 mg/kg de poids de l’individu exposé.
  • ARfD (acute reference dose ou dose aigüe de référence) : dose maximum d’une consommation ponctuelle avec un impact sur la santé.
    • taux = 0,009 mg/kg de poids de l’individu exposé.

Source : AFSCA.be, agence officielle belge qui cite une étude de l’EFSA (European Food Safety Agency).

Ces seuils ont été définis par des tests sur des animaux, et non pas des humains. Donc étrange logique que le Fipronil ne soit pas considéré comme toxique pour les animaux domestiques…

Petit calcul arithmétique pour calculer les doses acceptables pour nos chats (ou chiens, lapins et autres animaux domestiques):

  • pour un chat de 3 kg, Taux ADI :  0,0006 mg et taux ARfD : 0,027 mg.
  • Pour un chat de 5 kg, Taux ADI :  0,001 mg et taux ARfD : 0,045 mg.

Donc une pipette de Frontline Combo dispense plus de 1800 fois la dose toxique « humaine » ARfD à un chat de 3 kg et plus de 1100 fois pour un chat de 5 kg.

Selon le site de l’AFSCA.be, le fipronil est nuisible pour les reins, le foie et la thyroïde.

Je n’ai pas investigué sur les 60mg de l’insecticide méthoprène contenu dans le Frontline Combo. Le Fipronil suffit à écarter le produit.

Mais l’anti-puce « Fipronil » est déposé sur la peau et n’est pas ingéré, me direz-vous…

Pour que l’effet de l’anti-puce dure un mois (pour une pipette), il n’y a pas de secret : les substances de l’anti-puce pénètrent par la peau de notre animal pour se répandre dans le corps et tuer les puces, tiques et autres. Notre chat devient toxique pour les puces… et pour nous.

De même, le collier anti-puce chat ou chien a la même logique. Sinon, comment d’ailleurs pourrait-il être efficace pour les puces de la queue ou du postérieur ?

J’ai parlé du Frontline Combo, et les autres anti-puces du marché ?

La pipette de Fiprotec de Beaphar contient aussi 50mg de Fipronil. L’Advantage contient du IMIDACLOPRIDE : 100 mg et du Butyl hydroxytoluène : 1 mg.

L’imidaclopride est un néonicotinoïde, la famille de tueurs neurotoxiques des abeilles.

J’ai trouvé une étude de l’INRS sur la toxicité de l’imidaclopride sur des rongeurs et chiens.
Quelques extraits :
« Lors d’études de toxicité subchronique de l’imidaclopride par voie orale, des effets sur le poids corporel sont observés chez les rongeurs et le chien. Les principaux organes cibles mis en évidence sont le foie chez le rat et le chien, et le système nerveux central chez le chien. Des effets hépatiques sont également observés par inhalation chez le rat alors qu’aucun effet systémique n’a été relevé après application cutanée chez le lapin. »

« Chez le chien, dans une étude après administration d’imidaclopride dans l’alimentation pendant 28 jours (…), quelques effets hépatiques (hypertrophie hépatocellulaire) et thyroïdiens (atrophie folliculaire) sont occasionnellement notés à partir de 31 mg/kg pc/j , la dose sans effet néfaste observé étant de 7,3 mg/kg pc/j (200 ppm). Dans l’étude de 1 an par administration d’imidaclopride dans l’alimentation (…), en l’absence de signe cliniques, la dose sans effet néfaste observé est de 41 mg/kg pc/j (1250 ppm), correspondant à la plus forte dose testée. »
Je n’ai pas trouvé autant d’informations que sur le Fipronil. En tout cas, c’est un néonicotinoïde qui a un impact sur le foie, le système nerveux et la thyroïde à des doses fortes. Et me dire que je vais l’administrer une fois par mois à mes chats pendant toute leur vie ne me satisfait pas pleinement…

Les colliers et sprays anti-puces ont le même principe : diffusion de produits toxiques en continu ou par pulvérisation.

Ainsi le collier Seresto pour chats contient :

« Imidaclopride ….. 1,25 g
Fluméthrine ….. 0,56g
Dioxyde de titane (E 171)
Oxyde de fer noir (E 172) »

Les E171 et E172 sont des additifs contenant des nanoparticules…

La Fluméthrine est un pyréthroïde de synthèse. Or le pyrèthre, insectifuge naturel est dangereux pour le chat (et une bombe pour la nature car la nature est aussi pleine de poisons…).

D’ailleurs le collier Seresto, toujours en vente, a été sous les projecteurs de l’agence vétérinaire avec des effets indésirables pour les chats. Voir cet article sur la demande de remontées de données aux vétérinaires suite aux dangers de ce collier.

Et les risques pour les humains ?

Même si on attend avant de caresser nos chats que le produit issu de la pipette « spot-on » ait séché, je n’imagine pas que l’on n’en récupère pas sur les mains. Or le Fipronil ou autre joyeuseté chimique pénètre aussi par notre peau.
Et peut-on penser à se laver les mains après avoir caressé notre chat ? ou le caresser avec des gants ?
Et comment expliquer à nos enfants que nos chats sont toxiques à cause d’un produit qu’on leur a mis et qu’il faut tout le temps se laver les mains dès qu’on les touche ?

L’ANSES a mené une étude et a fait retirer des antiparasitaires du marché au titre de ce risque : contamination des adultes et surtout enfants avec les anti-puces chimiques. Le chat, chien ou lapin devient toxique pour lui et pour les humains qui le caressent.

Les anti-puces naturels du marché

A base d’huile de margosa (huile de neem), de géraniol ou autres, ces anti-puces – en collier ou pipette – ont les mêmes revendications que leurs cousins chimiques : durée de 3 à 4 semaines pour la pipette et élimination des parasites.
J’ai ainsi repéré la gamme Vetopure de Béaphar : huile de neem & extrait de Pyrèthre, répulsif contre les insectes.
Mais le pyrèthre m’a alerté pour ses effets neurotoxiques sur les chats et les lapins (cf. avis sur amazon.fr et sur un blog).
Exit le pyrèthre…
En revanche, le collier anti-puces Vetopur pour chats ne contient pas de pyrèthre, seulement de l’extrait de neem/margosa et de lavandin. Ce collier anti-puce n’a qu’une efficacité revendiquée de 3 mois.

La gamme Biovetol – pipette et collier – est aussi à base d’extraits de margosa (pas de trace de pyrethre).

Alternatives aux anti-puces du marché avec des anti-puces naturelles

Alors, on laisse nos animaux se faire dévorer par les puces, tiques et autres ?
Non, bien sûr que non. Il existe des alternatives naturelles et beaucoup, beaucoup moins coûteuses.
Je vous parle ainsi dans un article de l’huile de neem (margosa) et de la terre de neem, anti-puce naturel (en prévention et traitement) et de la terre de Diatomée (traitement anti-puce naturel du chat / chien / lapin et de l’environnement). Ci-dessous des liens pour les acheter sur Amazon.fr.

Je sais qu’il n’est pas facile de se décider à changer d’anti-puce lorsqu’on utilise des anti-puces efficaces, même si coûteux.
Mais je pense qu’on ne peut plus aujourd’hui nier les impacts sur la santé de nos animaux et de nos enfants de ces pesticides volontairement répandus sur nos bêtes. Ne serait-ce qu’au titre du principe de précaution, lorsque les données de toxicité ne sont pas disponibles ou fragiles.