Quitter son travail pour se lancer dans autre chose. Une envie d’aller vers quelque chose de très différent, quelque chose qui fait sens, qui nous rend léger et joyeux.
Parfois, ce quelque chose est précis : thérapeute, coach, artisan d’art, métiers créatifs… Mais même si nous savons vers quoi nous voulons aller, nous traversons des phases de doute car il y a beaucoup d’inconnu, donc de peurs…
D’autres fois, c’est le grand flou : nous sommes comme appelés à faire autre chose, sans savoir mettre les mots sur cet “autre”. Et là, ce n’est pas une phase de doute, cela nous semble un abîme sans fond…

Laisser de la place pour créer demain

Reconnaître notre état de tension intérieure & stress permanent

Pour créer, se projeter et construire son projet professionnel qui est un projet de vie (car ce futur “travail” me plaît, me procure de la joie et je suis serein dans mon travail), il est important de créer un espace en soi pour faire ce travail de création.
Je m’explique en prenant mon exemple il y a plus de 10 ans.
J’étais cadre en banque à Paris. Trois enfants encore petits (crèche et école, nounou le soir). Des horaires de travail pas horribles, mais j’étais toujours en tension intérieure avec les transports en commun qui ne fonctionnaient pas toujours bien, la tyrannie des horaires le matin (à presser les enfants) et le soir (pour les récupérer, le bain, le repas, les coucher pas trop tard).
Ce travail était plus alimentaire qu’autre chose : il n’avait pas de sens pour moi. Les cheffaillons me cassaient les pieds à contrôler et imposer leur “loi”. Je trouvais absurde et ubuesque la lourdeur pour poser des congés (je n’avais pas un job si indispensable et j’avais l’impression de demander l’aumône pour qu’on m’accorde mes congés) et la culpabilité quand un enfant était malade ou devait être emmené chez le médecin.
Intérieurement, j’étais en tension permanente. Tout prévoir pour que ça roule. Vous appelez cela stress, charge mentale, fatigue… Mettez les mots qui vous parlent…

Pas besoin d’avoir des enfants ou un travail à temps plein pour ressentir cet épuisement intérieur.
Les conditions de travail et l’environnement managérial plongent des personnes dans des états de stress et de souffrance bien plus grands que ce que j’ai vécu.
Certains de mes collègues étaient épuisés. Certains se sont arrêtés. Le mot “burn-out” n’était pas aussi employé qu’aujourd’hui.
Je me souviens avoir été choquée de la remarque du manager qui avait dit avec une sorte de mépris que l’employé qui avait craqué, n’était pas “assez solide” ou “trop fragile”.

J’ai aussi été choquée par le manque de compassion lorsqu’une personne traversait un deuil. Il fallait faire “comme si” cela n’existait pas et n’impactait pas notre productivité. C’est aberrant de pouvoir penser une miliseconde que l’on laisse son deuil au moment où l’on badge au bureau… Travailler permet de ne pas penser qu’à cela, mais ne demandons pas aux personnes d’être à “100%” dans ces moments-là…
Un vrai monde de bisounours bienveillants <3 <3

Un moment, on prend de la distance par rapport aux comportements fortement suggérés par l’entreprise quand nous n’arrivons pas / n’avons plus envie de nous y conformer. Puis la distance a besoin d’être plus grande… et on quitte ces environnements.

Ma boîte est super … mais…

Petit aparté pour ceux qui sont censés avoir un job en or de l’avis de “tout le monde” et qui ne sont pas heureux au travail.
Parfois, les collègues se plaisent et trouvent que la société dans laquelle vous travaillez est super. Mais vous ne vous plaisez pas. Vous n’y arrivez plus.
Parfois, c’est un métier qui fait rêver : vous créez des costumes de théâtre ou créez des bijoux. Mais ce qui vous a animé dans ce travail, ne vous fait plus vibrer.
Vous pouvez croire que vous êtes trop difficile ou pas assez souple. Ou que cette flamme sacrée va “revenir”.

Non, non, je vous rassure. Tout est normal. C’est juste que vous n’êtes tout simplement pas (plus) à votre place.
Il est alors urgent de partir, de changer !

Les vacances

Les seuls moments où je me sentais revenir à la vie, c’était les vacances. Le rythme était plus cool : pas d’horaires. La tension intérieure se relâchait. Je redevenais moi et je pouvais être avec mes enfants.
Oui, parce qu’en mode “boulot”, j’étais avec mes enfants, mais j’avais tellement de choses en tête que je n’étais pas vraiment avec eux. Je m’en rends compte aujourd’hui car j’ai eu un 4è enfant et j’ai parfois ces sentiments de tension intérieure qui remontent.

Comme beaucoup de personnes malheureuses dans leur travail et qui n’osent pas se l’avouer, je me disais que je vivais vraiment pendant mes vacances. J’espérais pouvoir gagner au loto ou je ne sais quoi pour vivre ces moments plus souvent.
Je voulais quitter Paris, mais pas de travail dans mon secteur d’activité à part Paris, Monaco, la Suisse ou le Luxembourg. Des destinations qui ne me faisaient pas rêver. En fait, surtout un travail qui ne me faisait pas rêver…

Et puis le dimanche soir, on commence à ressentir une tension qui monte, une lourdeur, mal au ventre ou au plexus… On pense déjà au lundi et c’est … un sentiment lourd et triste…

Aucune vie ne devrait ressembler à cela…

Poser des décisions pour retrouver sa liberté

Sauf qu’un moment, cela devient intérieurement insoutenable.
J’ai espéré un coup de pouce du type “gagner au loto” (oui, oui, moi qui suis rationnelle et ai quelques bases en statistiques et probabilité, j’ai espéré pouvoir quitter mon travail grâce au loto).
Je peux le dire concrètement aujourd’hui.
Je n’avais pas confiance en moi, en mes capacités à me débrouiller. Donc il me fallait un matelas financier pour oser me lancer.
Ce matelas financier n’est pas venu.

Sauf que la soif de liberté et de faire quelque chose qui a du sens a gagné !
J’ai décidé de démissionner lorsque j’étais en période d’essai après un changement de poste. L’entreprise a préféré négocier un licenciement pour que je finisse les dossiers en cours. J’étais de toute manière prête à démissionner même sans ce cadeau.

La leçon que j’ai reçue, c’est que lorsqu’on veut quelque chose et que l’on avance, des cadeaux se placent sur notre route.

Aujourd’hui, il y a un dispositif en France qui permet aux personnes de démissionner lorsqu’il y a un projet de création d’entreprise ou de formation / reconversion professionnelle. Vous touchez les indemnités chômage, ce qui permet d’avoir plus de confort pour se lancer.

Il faut avoir 1300 jours d’activité salariée sur les 5 dernières années et suivre une procédure avec rencontre préalable d’un conseiller auquel vous présenterez votre dossier de projet de reconversion / formation ou de création d’entreprise. Le projet doit être réel et sérieux. Plus d’infos ici.

Si vous ne pouvez pas bénéficier de ce dispositif, dites vous qu’il est récent (depuis novembre 2019) et qu’avant, d’autres ont sauté le pas et ont réussi !

Faire le vide pour créer un demain plus heureux

Quand j’ai démissionné, j’avais une idée d’activité. J’ai créé ma société en 2011. Je l’ai liquidé en 2017 par manque de trésorerie et développement commercial.
Donc je me suis retrouvée en 2017 à recommencer une reconversion professionnelle.
Comme on apprend de ses erreurs, je sais désormais qu’il est important de sortir des états de tension intérieure, de souffrance (si vous êtes victime de harcèlement, si vous êtes en burn-out ou juste “pas bien du tout” dans votre job, si vous avez liquidé votre société ou si vous avez subi un licenciement /plan social), qu’il est important de reprendre le temps de souffler, de se retrouver pour créer du nouveau.
Surtout si on veut créer un demain joyeux qui pétille !

Si vous êtes aujourd’hui dans un travail qui vous prend tout votre temps, toute votre énergie, vous pouvez avoir envie de tout plaquer pour autre chose.
Sauf que vous êtes trop fatigué pour créer cette “autre chose”.
Alors vous repoussez votre envie de vous envoler.

Il n’y a pas de recette magique.
J’apprends à me faire suffisamment confiance pour avancer sans voir tout le chemin devant moi, pour croire que je vais arriver à rebondir.
C’est difficile quand on a l’habitude de tout prévoir et qu’aujourd’hui, on a la “sécurité” financière. Parce qu’on est d’accord que la sécurité financière est bien amère lorsque l’on est malheureux dans notre job…

C’est tout aussi difficile de rester dans une situation professionnelle insupportable que de poser la décision de partir.
Partir, c’est sauter dans l’inconnu pour la joie et les paillettes, sans les voir encore.

Ce qui est difficile, c’est de ne pas savoir ce que l’on va faire “après”.

Notre mental qui pense aux factures a besoin de savoir, de se rassurer. Il va douter, ressasser des peurs, des craintes, des scénarios catastrophes.
Or lorsque l’on ne va pas bien, on ne peut pas créer car il est trop difficle de se projeter.

Prendre le temps de se reconstruire

Plutôt que d’essayer de trouver sa mission de vie avec une super formation, mieux vaut prendre le temps de se retrouver.

S’il faut, faites un job alimentaire pour payer les factures. Si vous avez du temps, faites des activités méditatives qui ne sont pas “utiles”, mais qui vont vous aider à vous reconstruire : jardinage, couture, cuisine… On se concentre sur quelque chose de relativement simple et sans enjeu.

Dans ces moments, un thérapeute peut vous aider à vous libérer des valises trop lourdes. Car il est plus facile de s’envoler vers un demain léger quand on s’est allégé de nos valises (manque de confiance, doutes sur nos capacités professionnelles – notamment lors de harcèlement, burn-out,…).

Le doute

Le doute m’a bien accompagné et je me mentirai de dire qu’il ne m’accompagne plus. En fait, le doute, c’est la peur de l’inconnu, des failles dans la confiance en soi, la crainte de ne pas trouver sa voie ou sa “mission de vie”, la crainte de ne pas avoir assez d’argent.
Une chose qui m’a bien aidée, c’est de prendre le temps d’écrire ma “ligne de vie” professionnelle : je note tout mon parcours professionnel et les opportunités que j’ai eues, les belles rencontres que j’ai faites. Cela m’a permis de me rendre compte que j’arrivais toujours à rebondir et à m’en sortir.

Lorsqu’il est enfin temps de commencer à créer ce demain, votre demain.

Vous pouvez vous faire accompagner pendant la phase de construction du projet professionnel. Certaines personnes n’en auront pas besoin. Pour d’autres, cela les aidera à voir plus clair et à rebondir plus vite. A vous de ressentir ce qui est le mieux pour vous.

Une reconversion professionnelle ne s’écrit pas avec la tête, mais avec le coeur… lorsque l’on a envie que ça pétille et nous rend épanoui. La joie naît dans le coeur, pas dans la tête.

Même si cela paraît fou ou idiot, écoutez vos envies.

J’ai présenté dans un article sur ce blog et sur ma chaîne YouTube des tests où l’on interroge le corps pour prendre les bonnes décisions.
Si vous lisez cet article et vous vivez le dimanche soir avec la boule au ventre, il est temps de vous écouter et de vous choisir.

Même si… vous avez des enfants à charge, si vous ne savez pas comment vous allez manger, si… le contexte économique est compliqué… et j’en passe.

Personne ne peut sauter à votre place. A vous de créer votre demain.
Le chemin est difficile, mais magnifique une fois que l’on a sauté.

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