Changer de métier et réussir sa reconversion professionnelle, c’est faire le chemin le plus court et le plus difficile : partir du cœur où germe l’idée puis aller à la tête pour réaliser cette idée.

La tête pense. Le coeur sait. – Rasheed Ogunlaru

Le rêve c’est l’expression du cœur, ce dont on a profondément envie. Et la tête va aider à réaliser cette expression du cœur.

Or on a souvent tendance à ne penser et décider qu’avec notre tête (à n’en faire qu’avec notre tête).

Dans notre société, à l’école, on nous apprend à focaliser tous nos efforts sur notre tête : exercices logiques, apprentissage par cœur, réflexion… A aucun moment, nous apprenons à développer notre intuition et à réfléchir par rapport à ce que l’on aime. (L’école, c’est comme la vie d’adultes, c’est déjà beaucoup trop sérieux !)

Un bon point de départ est d’imaginer à voix haute, rêver sans la barrière du comment et des mille questions du mental, laisser libre court à son imagination…

Dans cet article, je vais vous proposer trois exercices où votre imagination et vos souvenirs d’enfant vont être sollicités pour vous guider dans cette envie de changer de métier.

Pourquoi changer de métier en partant du cœur ?

…Pour avoir le cœur à l’ouvrage…

La reconversion professionnelle est un passage (« pas sage ») parfois fluide, parfois difficile.

J’ai parlé dans un précédent article du moteur de vie professionnel (pour lire l’article). C’est ce qui nous fait vibrer, ce qui nous anime qui va nous guider vers notre futur métier.

Or si je vous demande de situer l’endroit de votre corps où vous ressentez quand quelque chose vous anime et vous fait vibrer, il y a de fortes chances pour que vous mettiez votre main sur votre cœur et non sur votre tête.

Observer la raison des échecs de ceux qui ont osé changer de métier

J’avais remarqué lors de mes réflexions pendant ma deuxième reconversion professionnelle que certains entrepreneurs s’usaient et frôlaient le burn-out car ils se forçaient à travailler pour leur entreprise et n’avaient plus « le cœur à l’ouvrage ». (jolie expression qui veut tout dire !)

J’ai moi-même remarqué que lors de mon premier projet entrepreneurial, au bout de quelques années, j’ai basculé dans un mode « il faut / je dois » car j’avais investi tellement de temps, d’énergie et d’argent qu’il m’était difficile de faire autrement. Je me devais de réussir, même si le plaisir de travailler n’était plus présent.
Il y a bien sûr les explications rationnelles : pas assez de développement commercial, patati, patata.
Les experts vont analyser les “échecs” par le non respect de telle ou telle méthode ou le manque de persévérance de l’entrepreneur.
Mais les « recettes » pour réussir sont connues et disponibles dans nombre de livres, vidéos et séminaires.

Or je suis convaincue que la réussite entrepreneuriale est grandement liée à l’adéquation entre ce qui anime profondément l’entrepreneur et le projet de création.
Si ce que je fais ne me fait pas profondément vibrer, si je le fais parce qu’il y a l’appât d’une activité où je vais peu travailler et où je vais bien gagner ma vie, je vais travailler comme quand j’étais salarié : sans réelle et profonde motivation.
Pour la plupart des personnes que j’ai rencontrées, l’argent n’est pas la motivation profonde. C’est plutôt l’envie d’avoir un métier qui nous apporte de la satisfaction, d’être plus libre et épanoui.

Pourquoi et comment rêver pour changer de métier ?

Si on réfléchit à notre reconversion professionnelle avec la tête, c’est tout de suite cristallisé et compliqué.
Tout simplement car nous avons beaucoup de pression et d’attentes.
Or cette pression et ces attentes vont freiner cette nécessité de partir du cœur.

De la pression et des attentes lorsqu’on change de métier ?

C’est tout à fait normal…

  • Pression financière & urgence du temps si vous êtes au chômage avec un temps limité d’allocations, ou en cours de licenciement,…
  • Pression intérieure :
    • je suis en souffrance dans mon travail actuellement et je veux absolument être heureux à l’occasion de ce changement de travail. Il faut que ce soit le «bon » métier.
    • C’est engageant comme choix (temps de formation, risque financier si on se lance dans l’entrepreneuriat, …) et on ne veut pas se tromper.
    • La peur du vide : changer de métier, c’est sauter dans le vide. Et le vide, ça fait peur…
  • Pression financière : j’ai un certain niveau de vie et je veux maintenir ce niveau de vie avec mon futur métier
  • Pression de l’entourage :
    • parents qui ont payé pour qu’on fasse des études, alors qu’on ne se plaît pas du tout dans ce secteur d’activité
    • entourage familial et amical qui donne son avis… à travers le filtre de leur vie et de leurs peurs. Mais cela nous touche souvent…

Je vous laisse compléter.

Travailler sur ses peurs et zones de stress

Je pense qu’il est important de noter ce qui nous stresse, nos inquiétudes lorsqu’on décide de se lancer dans le grand saut qu’est la reconversion professionnelle.
Les écrire permet déjà de s’en détacher et de ne plus les laisser tourner en boucle dans notre tête. Ensuite, il est possible de les alléger ou s’en délester avec l’aide de thérapies brèves.
Je pense notamment à l’EFT ou le Self Help trauma qui permettent de descendre le niveau de stress. (EFTunivers.com & Self help trauma : vidéo YT)

Sinon, un accompagnement par un thérapeute peut vous aider dans ce passage.

Evolution du cercle amical

Quand on choisit de changer de métier, certaines personnes s’éloignent de vous. Vous allez changer de cercle professionnel, mais il y aura probablement aussi des changements dans votre cercle amical.

En début de réflexion, on sait ce qu’on perd, on ne sait pas ce que l’on gagne. Cette solitude temporaire peut aussi déstabiliser.

Il est temps de rêver !

Quels métiers vouliez-vous faire enfant ?

Si enfant, il y avait un métier que vous rêviez de faire, je vous invite à revenir dessus dans le cadre de votre réflexion de reconversion professionnelle.
Une fois que vous avez noté ce métier, rappelez-vous comment vous imaginiez ce métier.

En effet, les enfants fantasment les métiers des adultes.

Quand j’étais enfant, je pensais que l’architecte créait des lieux ou les remodelait entièrement. Il n’y avait pas de problématique de réglementation ou de suivi de chantier. Il travaillait seul dans son bureau et inventait.

Le pompier se bat contre le feu. Sauf qu’en réalité, il a une grosse part d’interventions où il doit gérer de l’humain…

A partir de ce métier fantasmé, je vous invite à identifier le moteur de vie professionnel que vous aviez enfant. (voir article sur le moteur de vie professionnel)

D’ailleurs, adultes, nous avons souvent une vision biaisée des métiers et nous découvrons souvent des aspects méconnus de métiers « classiques » en discutant avec ceux qui l’exercent. C’est pour cela qu’il est important de prendre le temps de rencontrer des personnes qui exercent votre futur métier et idéalement de faire des stages « découverte »/ « observation » (oui, oui comme en troisième).

 Quelle est votre vie idéale ?

Rêver c’est retrouver son âme d’enfant. C’est s’autoriser à imaginer, à « jouer à » sans se dire que « ce n’est pas possible », « je suis trop vieux », « c’est pas assez payé »…

Parfois, il faut réapprendre à rêver et à rêvasser. Cette activité très importante est souvent oubliée au profit d’être productif et occupé.

C’est en rêvant et rêvassant que les idées viennent. Ces temps de reconnexion à soi sont primordiaux dans le processus de construction de votre projet professionnel.

Si vous aviez une baguette magique, quels sont les 5 métiers que vous aimeriez faire ces prochaines années ?

Vous n’avez pas besoin de vous former ou d’avoir la forme physique adéquate puisque bien entendu, vous avez une baguette magique.

Je vous invite à prendre le temps d’y réfléchir, de les noter sur une feuille et de noter en quoi consiste ce métier et pourquoi il vous plairait de le faire.

L’avantage de cette baguette magique, c’est qu’elle permet de supprimer les défauts et inconvénients supposés des métiers.

Quelques jours après cet exercice, regardez le moteur de vie professionnel de ces métiers.

Vous avez bien sûr le droit de noter plus ou moins de métiers ! C’est un outil, pas un contrôle scolaire !

Quelles formations j’aimerais faire ?

Si vous aviez la possibilité de vous former gratuitement et avec un budget temps infini, quelles formations aimeriez-vous faire ? et pourquoi ?

Se former, c’est avoir envie d’acquérir de nouvelles connaissances dans le domaine personnel ou professionnel : acquérir de nouvelles compétences, découvrir de nouveaux domaines, assouvir sa curiosité, comprendre…

Cela peut être : permaculture pour mon potager, médecine chinoise pour apprendre à mieux me soigner, électricité pour être autonome dans la rénovation de ma future maison…

Avant de lire la suite de l’article, je vous invite à noter les formations que vous aimeriez faire en mode « baguette magique ».

Nos envies ne sont pas si anodines. C’est notre cœur qui nous suggère des pistes : nous positionnons des pièces du puzzle, puis tout se met en place.

J’ai remarqué que ce que j’ai fait « par curiosité », pour « mieux comprendre », en « investissement personnel », prend aujourd’hui tout son sens dans ma vie professionnelle.

Et je ne suis pas la seule : j’ai souvent croisé en formation des personnes qui s’offrent des formations professionnelles sur leurs deniers personnels par curiosité ou dans un objectif de développement personnel. Et je découvre qu’elles se sont installées comme professionnel quelques temps après. Parfois, elles n’osent pas sauter le pas, mais continuent d’être appelées par ces formations.

Par exemple, des formations de thérapies brèves, de coaching, …

Si elles avaient eu au début le schéma de s’installer comme professionnel, je pense que le mental paniqué aurait commencé à faire des tours de bocal… et aurait bloqué le processus ou aurait cherché des formations professionnalisantes très longues auprès d’écoles “réputées”.

Donc le cœur a soufflé l’idée, l’envie de faire une formation « pour soi ». Puis l’idée a germé, pris forme et… la personne a osé se lancer à son compte.

Ma deuxième reconversion professionnelle m’a poussé à remettre l’intuition et l’écoute du cœur au fondement de chaque décision. J’avais jusqu’à maintenant choisi avec ma tête et tout construit avec mon mental. J’avais construit un projet professionnel qui n’était pas du tout en adéquation avec mes aspirations profondes.

Si je voulais changer de métier et m’épanouir, il était urgent que je fasse évoluer mon approche.

Remettons l’intelligence du cœur dans notre vie professionnelle !

En vous souhaitant tout le succès dans votre projet professionnel,

enfant déguisé en pompier
Photo de Budgeron Bach provenant de Pexels
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